Imaginaires du Nord et d'ailleurs

Seule sur le Transsibérien

Seule sur le Transsibérien

12,90

Le récit d’un voyage sur le Transsibérien de Moscou à Vladivostok

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Description

355 pages
de Géraldine Gunbar

C’est par le Transsibérien que Géraldine Dunbar a choisi de renouer avec la Russie. Elle y avait en effet vécu et travaillé de 1996 à 1999 et en gardait la nostalgie. En 2004, elle embarque donc à bord du «train des trains» pour gagner Vladivostok en plusieurs mois, alors que le trajet peut s’effectuer en sept jours. Russophone et au fait des réalités du pays, Géraldine Dunbar relate avec précision et talent les évolutions et les contradictions de la nouvelle société russe. Son voyage en train et les nombreuses escales qu’elle a réalisées entre la Moscovie et l’océan Pacifique lui permettent d’évoquer aussi les contrastes et les distorsions entre les métropoles de l’Ouest européen et les bourgades de l’Est sibérien. C’est avec coeur que l’auteur partage sa fascination pour la culture slave, ancrée dans sa fréquentation assidue des grands écrivains. Une annexe technique sur le voyage dans le Transsibérien et une annexe littéraire sur le train dans la littérature russe complètent ce récit d’une femme qui n’a pas craint de voyager «à la russe», dans le Rossia pour touristes et jusqu’en 3e classe, pour comprendre les aspirations de tout un peuple.

Niée à Londres en 1972, de père sud-africain et de mère française, Géraldine Dunbar a passé sa Njeunesse en Grande-Bretagne. Après avoir appris le russe au lycée, elle effectue son premier voyage en Russie en 1992 et poursuit l’aventure en faisant le tour de la Crimée en auto-stop. Titulaire d’un DEA d’Études slaves, Géraldine Dunbar multiplie ensuite les séjours à Moscou, où elle travaille à la BBC puis dans la publicité. Elle y est retournée en 2004 pour réaliser son rêve: voyager à bord du Transsibérien.

Extrait du livre:
Extrait :
Mon premier contact avec la langue et la culture russes eut lieu en 1984, lorsque ma mère m’encouragea à choisir le russe comme seconde langue au Lycée français de Londres. Je me souviens encore de la feuille sur laquelle étaient indiquées les principales langues enseignées à l’école : espagnol, allemand, italien, russe. Il fallait cocher l’une des quatre cases. Ma mère, guidée par une intuition incroyable, me fit comprendre que le russe, au-delà de sa beauté, était une langue d’avenir, car l’État soviétique n’allait pas et ne pouvait pas durer. Son avis, pour le moins excentrique à l’époque, était motivé par un profond sentiment humaniste : «Les gens qui vivent là-bas sont comme toi et moi, il ne faut pas confondre la propagande avec le peuple. Nous sommes tous sur la même terre ; trois cents millions de personnes vivent là-bas, c’est ton devoir de les connaître.» Je voulais la croire et, en même temps, j’avais peur du regard des autres. Quels que soient les régimes qui se succèdent, nul individu n’échappe au regard d’autrui. Parfois ouvert, souvent fermé, destructeur donc. Mes camarades, comme je le craignais, furent unanimement surpris par mon choix peu orthodoxe.